Dossier : Lyon et ses photographes

Que serait la photographie à Lyon sans ses créateurs et créatrices ? La pluralité de leurs travaux au sein d’un même terrain de jeu,

de l’urbex industriel du 7ème à la nature environnante de Lyon, témoigne de leur créativité et de leurs particularités. C’est pourquoi Mood a invité 10 photographes à présenter leur travail à l’occasion de ce hors-série. Entre univers kitsch, poétiques, mélancoliques ou horrifiques, les photographes lyonnais.es vous dévoilent leurs singularités au fil de leurs (auto)portraits. - par Cloé Garnier

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Elisa Grosman

À travers une esthétique saturée et sombre, Elisa Grosman aime mettre en avant les aspects forts et les côtés plus noirs du psychisme humain. Elle l’exprime par son traitement des couleurs, bien saturées de préférence. Également par le choix des sujets sur lesquels elle travaille à la lumière artificielle autant en shoots en intérieur qu’en street shoots de nuit. Elle s’inspire énormément du pop art, notamment des travaux de Roy Lichtenstein, du cinéma de Dario Argento, Gaspar Noé ou encore des personnes qui pourraient croiser son chemin. Armée de son Canon 6D mark II, Élisa crée un univers pigmenté, mélancolique et vertigineux.

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Juliette Valero

Pour cette autodidacte de 27 ans, sa passion remonte à toute petite, ayant toujours été fascinée par la photo comme fixateur de moments précieux, comme témoin de ses expériences de vie. Depuis, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo, actuellement un Canon 5D Mark III. Cela fait 5 ans que la photographe est à son compte et vit de sa passion. Adepte des shoots en extérieur qui lui apportent possibilités et libertés, elle aime également amener la technicité d’un éclairage studio lors de ses shootings street. Photo événementielle, photo de mode, street photography: Juliette aime jongler entre tous les aspects de la photo. Elle documente actuellement sous forme de photos et de vidéos la tournée de l’artiste Folamour afin de réaliser un documentaire sur 10 de ses dates. Les différentes facettes de chacune de ces tendances photographiques l’attirent pour des raisons qui leur sont uniques.

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Rémy Badout

Remy Badout est un photographe et vidéaste lyonnais autodidacte influencé par le mouvement néo-psychédélique et le cinéma d’horreur 70s. Sa vision aussi acidulée qu’horrifique et son esthétique particulière fait régulièrement l’oeuvre de nombreuses collaborations avec des groupes de la scène musicale lyonnaise. Le photographe shoote souvent en studio et travaille en noir et blanc soigneusement recolorisé, en passant du 35 mm au Polaroid au moyen format 120. Comme une chimie en perpétuelle mutation, son processus part de prises de vue à l’argentique, qui laisse toujours place à de nouvelles variations visuelles puis se révèle en cohésion avec les techniques numériques actuelles.

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Laurane Decombe

Passionnée de l’image & de la mode depuis son jeune âge, Laurane Décombe est une artiste photographe au regard singulier, coloré et engagé. Elle favorise son studio à sa résidence d’artistes Collision aux shoots en extérieur, où elle dévoile entièrement la symbolique de ses clichés avec un impact fort et une maitrise complète de son image. Toujours à la recherche de créativité, Laurane mêle l’amour à la mode, la couleur à la folie et n’hésite pas à ouvrir les frontières à de nouveaux regards. La photographe rêve de photographier une collection de haute couture avec une vingtaine de mannequins, mélangeant toutes les morphologies et tous les genres. Un univers féministe dévoilé par un regard aussi engagé qu’acidulé.

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Noémie Lacote

La jeune photographe de 23 ans a tissé ce lien avec la photographie depuis son enfance, influencée par le romantisme et la photographie contemporaine. Mais surtout, le cinéma et la musique, qui lui ont donné beaucoup de recul sur la conception d’une image, l’inspirant à mettre en scène des images avec une histoire écrite. C’est ainsi que la photographe gravite autour de nombreux projets de photographie de concert, par sa volonté de mettre en scène des performances d’artistes, et son ambition de faire des images d’artistes, voire de les suivre à travers un ou plusieurs documentaires photographiques. C’est en collaborant avec des scénaristes sur ses différents projets de clips où elle était photographe de plateau que Noémie a été inspirée par le réel propos et travail derrière leurs scénarios. C’est donc naturellement que ses futurs projets seront axés sur la photographie de plateau sur des clips et des courts-métrages. Passionnée par la mode et le reportage, Noémie Lacote rêve également de réaliser des prises de vue en haute montagne, avec des collections de créateurs accompagnées d’une équipe vidéo et photo. Son but pour la suite de sa carrière: créer un univers expérimental qui témoigne d’une réelle dynamique, tout en associant colorimétrie, intemporalité, mouvement, texture et émotions.

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Berat Nalci

Pour le photographe annécien, la photographie est une passion qu’il nourrit dès l’âge de 14 ans. Son amour pour le surréalisme et son Pentax 67 l’ont poussé à suivre un Bachelor en photographie dans la Ville Lumière pendant trois ans, avant de s’installer à Paris en 2018 afin de travailler en tant que photographe freelance. Dès lors, en multipliant les projets de photographie de mode, les éditoriaux de magazines, les photos commerciales de marques et les photos backstage de défilés n’ont plus eu de secret pour lui. Récemment, Berat s’est tourné vers la photographie documentaire, et s’épanouit grâce à un réel contact avec l’humain qu’il dégage au travers de ses clichés solaires et colorés. Son prochain projet intitulé « Virile » dépeindra la jeunesse maghrébine en France, les différents aspects de leurs identités et les multiples facettes que peuvent revêtir les hommes.

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Coco Egia

Coco est une photographe française basée à Lyon. Son Leica Q2 en main, elle choisit le numérique pour l’accompagner dans tous ses projets avec un aspect argentique pour ses retouches. Coco tire son inspiration des âmes qui l’entourent : doux, humain et fougueux, son univers laisse place aux émotions qui la guident vers son art pour créer sans limites. La photographe privilégie les shoots dans la nature environnante de Lyon aux studios, car c’est là qu’elle explore toutes les facettes de l’être humain. Elle aime créer avec esthétisme et spontanéité, pour faire découvrir des images inattendues, dans des endroits auquel on ne s’attend pas. C’est une photographe engagée, elle travaille avec des clients éthiques et respectueux de l’environnement. Elle vous propose un arrêt dans le présent pour créer des images fortes et symboliques.

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Fleurine Pospiech

Photographe, mais également plasticienne, la photo de Fleurine Pospiech se conçoit comme des tableaux où Art et Mode sont subtilement mélangés. Sa pratique de la peinture, du dessin et du plâtre viennent agrémenter ses décors qu’elle imagine et construit elle-même, ce qui l’a menée à construire un vaisseau spatial pour le décor de sa dernière série avec le club kid Le Châtelain. Spécialisée dans la photo en studio, Fleurine adore shooter dans son studio lyonnais, où elle s’exprime librement à partie d’une feuille blanche. Chacune de ses séries vous emmène dans un univers différent, mais toujours kitsch et théâtral, agrémenté de personnages excentriques aussi hauts en couleur que son travail. Concernée par l’environnement, elle développe dans son travail une démarche éthique et responsable en créant ses décors à partir de matériaux recyclés et recyclables.

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Philippine de Joussineau

La photographe autodidacte s’inspire du surréalisme, mouvement libérateur et poétique qui abolit les frontières entre le réel et l’irréel. Elle est depuis novembre 2021 installée dans son studio au sein d’un lieu de création partagé, géré par l’association Superposition. Photographe engagée, Philippine tente de promouvoir un changement culturel en lien avec notre compréhension de l’expérience humaine et de la réalité. Elle affectionne particulièrement la photographie argentique pour son exigence, sa physicalité et sa singularité. La photographe a également un attrait particulier pour les procédés anciens tels que le cyanotype et le gélatino-bromure d’argent. La recherche photographique est un point essentiel de sa pratique, c’est pourquoi elle est sans cesse à l’affût de nouvelles techniques et supports. Philippine réalise actuellement un projet intitulé "Conscience collective", représentant des grands formats composés chacun de 200 portraits tirés en cyanotype. Cette série évoque l’existence d’un esprit universel et s’interroge sur l’idée que nous soyons tous reliés pour former une même conscience.